Comment choisir le bon entraîneur pour votre enfant ? – Brian McCormick

Par Brian McCormick, coach & clinicien, Brian McCormick Basketball, auteur de Cross Over : The New Model of Youth Basketball Development et directeur des entraîneurs à Playmakers Basketball Development League.

Article original de juin 2008 traduit par Vincent Chetail après autorisation de Brian McCormick.

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Les parents se demandent souvent comment choisir le bon entraîneur pour leur enfant. Alors qu’Internet fournit des informations, la plupart du contenu est généré par des utilisateurs souvent anonymes, de sorte que les messages sont autant du marketing que des recommandations crédibles. La plupart des parents manquent de temps ou de connaissances pour observer plusieurs entraîneurs et choisir le meilleur.

Lorsque nous parlons des meilleurs entraîneurs, nous parlons pourcentage de victoires et expérience. Nous ignorons les compétences qui font un grand entraîneur, et nous évoquons rarement des besoins et des motivations des joueurs. Nous voyons le coaching comme une seule profession. Toutefois, le coaching diffère grandement entre les niveaux.

Un entraîneur de NCAA (championnat universitaire américain, ndlr) peut réussir au niveau universitaire où la majeure partie de son travail est d’évaluer, de recruter et de signer des joueurs, mais ces compétences ne sont pas transférables lorsqu’il coache des jeunes de 10 ans. Un entraîneur de jeunes peut avoir beaucoup d’enthousiasme et créer un environnement idéal, mais ces compétences ne sont pas transférables lorsqu’il coache une équipe de High Scool (lycée aux USA, nldr).

Ettore Messina, l’entraîneur du CSKA Moscou, sans doute le meilleur entraîneur hors-NBA, a récemment répondu à une question similaire sur son blog et a écrit :

« La première chose que je prends en considération en tant que père est la qualité de l’entraîneur. Certains parents qui ne sont pas très familiers avec un type de sport en particulier peuvent être attirés par un système qui met l’accent sur le résultat. Mais il y a une énorme différence entre faire du sport sur le plan professionnel et l’enseigner aux jeunes. Vous feriez mieux d’envoyer votre enfant à l’endroit où l’accent est mis sur le développement de sa personnalité et ses qualités d’un joueur, car c’est beaucoup plus important à cet âge. »

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Livre très intéressant à lire : The New Model of Youth basketball Development

Le coaching n’est pas une action simple, mais un ensemble diversifié de compétences. Un entraîneur de NCAA a des besoins différents et des devoirs que l’entraîneur des jeunes ou un entraîneur de lycée. Nous accordons plus de valeur aux matchs de NCAA, parce que les matchs sont télévisés, et les entraîneurs gagnent beaucoup d’argent. Donc nous croyons qu’un entraîneur de NCAA est mieux qu’un entraîneur de lycée ou un entraîneur de jeunes. Toutefois, l’entraîneur d’université est mieux à l’entraînement de l’université, ce qui diffère grandement de l’entraînement à des niveaux inférieurs, mais il n’est pas nécessairement un entraîneur de qualité supérieure. Pour évaluer les entraîneurs, et choisir le meilleur entraîneur de votre enfant, nous devons différencier les buts et objectifs dans les différentes périodes de développement de la vie d’un enfant.

Dans une étude de 1993, on a demandé aux enfants ce qu’ils considéraient comme le plaisir de leur sport. Ils ont répondu :

  • 8 ans : Etre capable de réaliser des gestes techniques
  • 9 ans : Apprendre et améliorer des gestes techniques
  • 10 ans : Jouer avec des amis
  • 11 ans : Jouer avec d’autres du même niveau
  • 12 ans : Jouer contre un adversaire difficile
  • 13-15 ans : Gagner des matchs

[Shi, N. and Ewing, M.E. (1993). Definitions of Fun for Youth Soccer Players.]

Entraîner ces groupes d’âge ne ​​se limite pas à un seul objectif. Cependant, les entraîneurs ne peuvent pas ignorer la principale motivation des joueurs parce que cela ne répond pas à leurs attentes en tant qu’adultes. A 10 ans, le sport est une activité sociale. Un entraîneur doit comprendre ces motivations et créer un environnement social, alors qu’un entraîneur avec des jeunes de 15 ans devra faire face à un défi différent.

Dans « Developing Talent in Young People », Benjamin Bloom décrit trois phases distinctes du développement d’un enfant. Les besoins d’un enfant diffèrent dans chaque phase ; donc le style et les objectifs du coaching diffèrent d’une phase à l’autre.

Dans les premières années, l’atout le plus important d’un entraîneur est sa personnalité attachante et son attitude positive. La création d’un environnement amusant positif où les athlètes se sentent en sécurité et à l’aise est plus important que ses compétences techniques ou sa capacité à gagner des matchs. Si un entraîneur fait que chaque joueur se sente important, il a réussi. Pendant cette phase, il est important pour le joueur de développer sa passion pour le jeu, car sans la passion pour le jeu, il est peu probable qu’il travaille assez dur pour devenir un grand joueur. Un entraîneur qui inspire un amour du jeu pendant les premières années accomplit beaucoup plus qu’on ne l’imagine.

Messina a écrit:

« Jusqu’à ce que les enfants aient 12-13 ans, ce n’est pas seulement un sport, c’est plus un jeu. Par jeu, je veux dire quelque chose qui peut être joué avec beaucoup d’erreurs et qui devrait impliquer beaucoup de plaisir. C’est comme à l’école : lorsque vous commencez à lire, à compter ou à découvrir quelque chose de nouveau, vous éprouvez beaucoup de  plaisir. C’est plus un jeu pendant les 4-5 premières années. Ensuite cela devient plus sérieux et vous devriez commencer à demander aux enfants à être beaucoup plus attentif dans leur compréhension et leur apprentissage. Vous commencez à insister un peu plus pour organiser leur capacité à étudier. Il en est de même dans le sport, on ne devrait pas enseigner les fondamentaux avant 10 ans. Pour sûr, vous pouvez enseigner à vos enfants à connaître leur corps grâce à l’utilisation de la balle : comment attraper, comment pivoter, comment courir avec le ballon, etc… »

Ornella Bankolé (Crédit photo : basket21.com)

Ornella Bankolé (Crédit photo : basket21.com)

Dans le cycle secondaire, l’enseignement est important. Au cours de cette phase, les joueurs ont besoin d’un entraîneur qui leur apprend à jouer et leur donne les outils de leur future réussite. La qualité des feedbacks (retours pédagogiques) d’un entraîneur détermine sa valeur, car un joueur doit apprendre l’exécution des gestes techniques appropriés au cours de cette phase.

Messina avertit que « Vous ne devriez pas être pressé de faire de votre enfant un athlète professionnel en lui faisant faire quatre entrainements ou plus par semaine. Personnellement, je pense que cela ne devrait pas arriver avant d’avoir 14 ou 15 ans. Les jeunes enfants qui sont exposés à un très haut niveau de pression physiquement, techniquement et mentalement, généralement, ne peuvent pas supporter ce genre de pression. Je voudrais trouver un entraîneur pour mon enfant qui sera en mesure d’offrir un niveau raisonnable de défi pour les jeunes joueurs et de développer une sorte de mentalité de groupe, en respectant la personnalité de chacun. »

Lors des dernières années, les joueurs ont besoin d’un entraîneur de « finitions », un entraîneur qui peut réunir passion et fondamentaux du joueur pour créer une grande performance. Pendant cette phase, les sports passent d’un environnement amusant basé sur l’apprentissage à une atmosphère plus concurrentielle où la victoire et la performance sont importantes.

Alors, comment choisissez-vous un coach pour votre fils ou votre fille ? Tout d’abord, observez votre fils ou votre fille pour trouver dans quelle phase de développement il ou elle se situe. Recherchez alors ces caractéristiques chez un entraîneur. Quand votre fils ou votre fille rentre de l’entraînement ou du match, est-il ou est-elle heureux(se) ? Messina a écrit qu’il regarde l’humeur de son fils et la solidarité de l’équipe. « Si je vois que mon enfant rentre de bonne humeur et la plupart du temps heureux, et que son équipe joue avec solidarité, c’est pour moi le signe que vous voudrez peut-être rester avec cet entraîneur. »

Choisir le bon coach pour votre enfant est souvent difficile car nous sommes souvent attirés et concentrés sur la victoire ou sur la façon dont l’entraîneur travaille. Toutefois, en fonction de l’âge et de la phase de développement, ces choses importent peu. Lors de la recherche d’un entraîneur, regardez l’environnement global et observez s’il répond aux besoins de développement de votre enfant.

Article original : Who will coach your child?

(Crédits photo : basket21.com)

D’autres articles sur l’environnement du jeune basketteur :

Comment aider votre enfant à devenir un sportif professionnel – Ettore Messina

16 Règles pour les Parents de jeunes basketteurs – Alan Stein

Les bases de l’entraînement : l’enseignement aux jeunes joueurs – Ettore Messina

 

Merci à Frank Cambus pour la relecture ; n’hésitez pas à consulter son blog : http://hoopsdiary.wordpress.com/

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